On se retrouve à l’aube, au cœur de la vallée d’Oô.
Les yeux encore collés, l’excitation est présente et l’énergie au maximum. Le parcours est annoncé : une balise à l’Homme de Pierre, deux allers-retours au Mont Né, un final au lac d’Oô, et un check sécurité au refuge d’Espingo avant 18h.
La météo hésite, nous aussi, mais le choix est acté.
Alors que la plupart des pilotes foncent vers la première balise, nous sommes trois à tenter un coup de poker : essayer les faces Est les plus proches, monter le plus vite possible, décoller du Cap de Montcaup et voler avant tout le monde.
Sur le papier, c’était dans la poche, mais le ciel vient à se couvrir et le soleil ne vint jamais.
Nous sommes deux à réussir à s’extraire et à plafonner à 2400 m, mais l’espoir retombe vite. Je me retrouve à marcher, encore, à lutter contre la fatigue.
Il est 14 h. Je suis épuisé du dénivelé accumulé en si peu de temps, et je sais que je ne ferai pas toutes les balises. Le moral s’effondre.