Marc Boyer a réalisé et rédigé de nombreux tests sur les secours. Tests qui ont été validés par toute l'équipe d'experts que sont David Eyraud, Hervé Gabet, Pierre-Paul Menegoz, Christophe Waller, Fabien Blanco, Jérome Canaud, Bertrand Maddalena et Vincent Teulier. Comme le souligne Marc : "sur ce bilan, tous les experts du parachute de secours sont d’accords, c’est cela qui est essentiel."
Découvrez ci-dessous le bilan des tests. 

Pourquoi un tel bilan ?

L'objectif de ces travaux était de mesurer avec précision les taux de chute et les vitesses d'ouverture, mais aussi d'apporter des réponses concrètes à des questions que se posent de nombreux pilotes :

  • Faut-il privilégier un secours carré ou hémisphérique ?
  • Comment choisir la bonne taille de secours ?
  • Quand et comment lancer efficacement son parachute ?
  • Quelles différences entre tissu léger et tissu standard ?
  • Où se situer dans la fourchette de PTV ?
  • Quelle influence ont les longueurs de liaison ?
  • Faut-il ancrer un secours ventral aux épaules ou aux maillons ?
  • Comment neutraliser efficacement la voile ?
  • Quelles sont les vérifications indispensables des Pods et conteneurs ?
  • Quelle est l'influence de la fréquence de pliage ?

L'autre objectif était d'harmoniser les recommandations transmises aux pilotes par les moniteurs SIV et les spécialistes du secours.

Secours carrés ou hémisphériques ?

Les secours carrés sont aujourd’hui plus performants dans tous les domaines :

ouverture plus rapide : en effet, les secours carrés ont une surface moindre que les secours hémisphériques à PTV équivalent, jusqu’à 30 % plus petite. Plus un secours est petit, plus il s’ouvre vite ; 

meilleur taux de chute, même si cela dépend essentiellement de la charge alaire ; 

meilleure stabilité au départ, mais cela dépend de la configuration de l’ensemble voile/parachute lors de la descente et de la neutralisation effectuée par le pilote.

Les parachutes hémisphériques restent néanmoins une solution très efficace, mais pour un pilote qui s’équipe aujourd’hui, un secours de dernière génération de type carré constitue le meilleur choix.

Lorsque les circonstances le permettent, à savoir une bonne hauteur/sol (plus de 100 m) et une bonne lucidité, il est intéressant d’adapter la direction du lancer à l’incident rencontré.

Par exemple :

  • Lors d’une autorotation installée, un lancer vers l’extérieur et légèrement vers le haut peut permettre d’éviter un emmêlage et de favoriser un déploiement rapide.
  • Lorsque la voile tourne fortement (spirale), il est préférable de lancer du côté opposé à la rotation.
  • Dans tous les cas, le geste doit être franc, énergique et réalisé avec un maximum de force et de vitesse. 

Cependant, ces adaptations restent secondaires par rapport à l’objectif principal : sortir rapidement le parachute du conteneur et le lancer le plus fort possible afin de l’éloigner au maximum du pilote et de la voile.

Une attention particulière doit également être portée au choix de la sellette, à la position de la poignée et à son accessibilité.

Une poignée atteignable uniquement bras complètement tendu peut devenir difficile à saisir sous facteur de charge important, lorsque le buste du pilote est incliné en arrière.

Ce message fédéral reste aujourd’hui une consigne très justifiée.

Le choix de la taille du parachute : résultats des mesures

Commençons par les chiffres mesurés lors des tests : 

> Taux de chute :  Taux moyen mesuré : 5 m/s.

Au PTV maximum, le taux de chute augmente en moyenne de 26 %. On perd environ 1,3 m/s par rapport à un PTV minimum.

> Vitesse d'ouverture : Temps moyen mesuré : 3,96 secondes.

L'ouverture est environ 1,5 seconde plus rapide au PTV maximum qu'au PTV minimum.


Ces mesures montrent clairement l'influence de la charge alaire sur les performances du secours. Pour optimiser à la fois le taux de chute et la vitesse d'ouverture, il est déconseillé de voler au PTV maximum recommandé par le fabricant. Le meilleur compromis pour la majorité des pilotes consiste à se situer environ à 85 % du PTV maximal du parachute.

Exemple :

Pour un PTV de 85 kg, il est pertinent de choisir un secours homologué jusqu'à 100 kg.

Toutefois, le choix dépend aussi de la pratique. Un pilote jeune qui fait de la distance et vole parfois près du sol dans des aérologies fortes... il devra privilégier la vitesse d’ouverture et se mettra donc plutôt en haut de la fourchette de poids de son secours. Par contre, un pilote âgé qui vole en air calme sur sites encombrés devra privilégier le taux de chute, car il est exposé à un risque de collision et il est moins tonique que les jeunes pilotes. 

Quoi qu’il soit, se mettre en bas de fourchette n’est pas forcément une bonne idée : un secours fonctionne comme un parapente et, en bas de fourchette, un secours se déforme dans la turbulence, perd de la stabilité, ferme plus facilement. 

Quand faut-il faire secours ?

Lorsque le pilote a perdu le contrôle de sa voile et ses repères par rapport au sol. Si l'altitude le permet (plus de 100 mètres sous les pieds), Marc Boyer conseille d'abord :

1. se remettre debout dans la sellette

2. relever les commandes à hauteur des yeux

3. tenter une reconstruction de l'aile

Si la voile reste impilotable, il faut tirer le secours.

Comment lancer le secours ?

Depuis plusieurs années, les retours d'expérience de pilotes, de moniteurs SIV et les nombreux tests réalisés sur les parachutes de secours convergent vers la même conclusion : la méthode la plus efficace consiste à lancer son parachute vers l'extérieur avec un maximum de force et de vitesse.

À l'inverse, s'il y a une erreur à éviter absolument, c'est d'extraire le parachute du conteneur puis de le laisser simplement tomber à proximité du pilote. Cette situation augmente fortement le risque d'interaction avec la voile ou les suspentes et peut retarder considérablement l'ouverture du secours.

Il n'existe pas de lancer parfait

Il est néanmoins important de comprendre qu'il n'existe pas de méthode de lancer capable de garantir 100 % de réussite dans toutes les situations.

Lors d'une perte de contrôle, les configurations rencontrées sont extrêmement variées : autorotation, vrille, cascade d'incidents, fermeture asymétrique, spirale engagée, twist, voile devant ou derrière le pilote, etc.

Dans l'idéal, le pilote devrait être capable d'analyser rapidement la situation afin d'adapter son lancer et d'envoyer le secours dans la zone la plus dégagée possible. Mais la réalité est souvent différente. L'effet de surprise, le stress et les fortes accélérations dégradent fortement les capacités d'analyse et peuvent parfois conduire à un véritable état de sidération.

C'est pourquoi le plus important reste de retenir une consigne simple :

décider de faire secours, extraire le parachute et le lancer le plus fort possible vers l'extérieur.

Adapter le lancer à la situation

Lorsque les circonstances le permettent, il est intéressant d'adapter la direction du lancer à l'incident rencontré.

Par exemple : 

 - lors d'une autorotation installée, un lancer vers l'arrière et vers le haut peut favoriser un déploiement rapide ;

 - lorsque la voile tourne fortement, il est généralement préférable de lancer du côté opposé à la rotation ;

Dans tous les cas, le geste doit être franc, énergique et réalisé avec un maximum de vitesse. Cependant, ces adaptations restent secondaires par rapport à l'objectif principal : sortir rapidement le parachute du conteneur et l'éloigner le plus possible du pilote et de la voile.

La poignée témoin : un automatisme vital

Tous les spécialistes du secours s'accordent sur un point : la meilleure technique ne sert à rien si le pilote ne trouve pas immédiatement sa poignée. C'est pourquoi il est fortement recommandé d'effectuer régulièrement une « poignée témoin ».

Cet exercice consiste à toucher sa poignée avant chaque vol, sans la regarder, afin de créer un automatisme. Le pilote mémorise ainsi sa position et peut reproduire naturellement le geste en situation d'urgence.

L'exercice peut être complété par une simulation complète du mouvement d'extraction et de lancer.

Pour retrouver rapidement sa poignée, certains moniteurs recommandent de faire glisser sa main le long de l'élévateur puis de descendre verticalement vers la poignée.

Une attention particulière doit également être portée au choix de la sellette et à l'accessibilité du secours. Une poignée atteignable uniquement bras complètement tendu peut devenir difficile à saisir sous facteur de charge ou dans une position dégradée.

“Plus d’un tour, tu fais secours”

Ce message fédéral reste aujourd'hui une référence.

Lorsqu'une aile entre dans une rotation forte ou dans une neutralité spirale, attendre trop longtemps peut avoir des conséquences dramatiques. Les accélérations augmentent très rapidement et peuvent conduire le pilote à un état de sidération qui l'empêche ensuite de prendre une décision ou d'agir efficacement.

Tous les pilotes sont concernés, y compris les plus expérimentés. Plusieurs accidents graves ou mortels ont impliqué des pilotes possédant un très haut niveau technique mais ayant attendu trop longtemps avant de tirer leur secours.

Dès lors que l'aile n'est plus sous contrôle et que la situation se dégrade rapidement, il ne faut pas hésiter à faire secours. Les statistiques montrent d'ailleurs que les accidents graves directement liés à l'ouverture du parachute de secours restent extrêmement rares.

Tissu standard ou tissu léger ?

Depuis l'apparition des parachutes de secours « light », fabriqués à partir de tissus plus légers, de nombreux pilotes et moniteurs ont constaté des vitesses d'ouverture particulièrement rapides.

Cette observation revenait régulièrement lors des stages SIV et des retours d'expérience terrain. Il était donc intéressant de vérifier si cette impression était réellement mesurable.

L'exercice n'était pas simple, car il existe relativement peu de modèles proposés dans des conceptions strictement identiques en version tissu standard et tissu léger. Les comparaisons ont néanmoins pu être réalisées sur plusieurs parachutes disponibles dans les deux configurations.

Les essais ont été effectués dans deux situations

Avec des parachutes conservés dans leur pliage usine avec des parachutes récemment repliés.

Résultats des mesures

Les résultats montrent un avantage net des versions légères en matière de vitesse d'ouverture.

Avec un pliage usine, la version légère s'ouvre en moyenne 3 secondes plus rapidement que la version en tissu standard.

Avec un pliage effectué le jour même, l'écart reste significatif puisque la version légère s'ouvre encore 1,1 seconde plus vite que la version standard.

Que faut-il en conclure ?

Ces mesures confirment que les tissus légers favorisent une ouverture plus rapide du parachute de secours. L'écart est particulièrement marqué lorsque le parachute est resté longtemps plié, mais reste présent même après un pliage récent.

Ce paramètre est important, mais il ne représente qu'un des nombreux éléments qui influencent l'efficacité d'un système de secours. La conception de la liaison entre le parachute et la sellette joue également un rôle important dans son comportement et sa stabilité. 

Liaison parachute - sellette

Il existe aujourd’hui des différences importantes dans les longueurs de suspentage des parachutes de secours. Pour un même PTV, on observe des cônes de suspentage allant de 4,30 m à 5,80 m, ce qui montre que les configurations disponibles sur le marché sont loin d’être homogènes. La question de la longueur idéale se pose donc naturellement.

Tests des différentes configurations

Des essais ont été réalisés avec plusieurs longueurs d’élévateurs : 80 cm, 125 cm et 240 cm. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, aucun comportement fortement instable n’a été observé lors des descentes avec ces différentes configurations. Cependant, ces tests permettent de dégager quelques principes importants liés au positionnement du parachute dans la masse d’air.

Positionnement du secours dans le flux d’air

L’élément essentiel n’est pas uniquement la longueur en elle-même, mais la position du bord d’attaque du parachute par rapport à celui du parapente. Il est important que le bord d’attaque du secours se situe légèrement en dessous de celui de la voile principale. Cette position permet d’éviter un risque de “dévente” du parachute par l’aile. Dans la majorité des configurations actuelles, atteindre une position du secours au-dessus de la voile nécessiterait des élévateurs de plus de 2 mètres, ce qui n’est ni réaliste ni souhaitable en pratique.

Longueur idéale des élévateurs

À l’inverse, réduire excessivement la longueur des élévateurs n’est pas non plus une solution pertinente. Des élévateurs trop courts peuvent en effet dégrader la stabilité pendulaire du système et rendre la descente moins régulière. Les observations convergent donc vers une longueur optimale située autour de 1,20 mètre.

Conclusion

Il n’existe pas une seule configuration parfaite valable pour tous les systèmes, mais plutôt une zone de compromis permettant d’assurer à la fois stabilité, efficacité d’ouverture et bon positionnement dans la masse d’air.

Dans ce contexte, la cohérence entre le parachute, la sellette et la voile reste un élément déterminant du bon fonctionnement global du système de secours.

Secours ventral : ancrage épaules ou maillons ?

Le choix du point d’ancrage d’un parachute de secours ventral fait partie des questions importantes en matière de sécurité passive. Deux configurations principales existent : l’ancrage aux épaules ou l’ancrage aux maillons de la sellette.

Les deux systèmes fonctionnent, mais ils présentent des comportements différents après l’ouverture du parachute.

Les ancrages aux maillons de la sellette sont principalement utilisés pour les containers parachute montés en ventral. À noter que cette configuration présente plusieurs avantages importants : elle permet de développer davantage de force pour extraire et lancer le parachute et offre, au final, un gain de temps de l’ordre de 2 à 3 secondes par rapport à l’extraction d’un secours monté en sous-cutal ou en dorsal.

A retenir

Les deux systèmes fonctionnent correctement et présentent chacun des avantages spécifiques. Le choix dépend donc davantage du compromis recherché entre :

  • l’accessibilité des commandes ;
  • la facilité de neutralisation de la voile ;
  • le comportement du pilote à l’ouverture ;
  • les habitudes de pratique.

Il est important de noter que, quel que soit le type d’ancrage choisi, celui-ci n’a aucune influence sur l’apparition d’un effet miroir. Le bon choix est donc celui qui s’intègre le mieux à la pratique du pilote et à sa capacité à gérer une situation d’urgence.

Le Stand Up Rescue System est la réponse de Neo à ces problématiques. Ce système, intégré aux harnais Neo, permet de mettre automatiquement le pilote en position debout tout en reliant le parachute aux maillons de la sellette. Il associe donc les avantages de ces deux montages.

Les statistiques montrent d’ailleurs que les accidents graves directement liés à l’ouverture du parachute de secours restent extrêmement rares. La simplicité de la mise en œuvre de nos parachutes les rend efficaces, y compris pour des pilotes qui ne les ont jamais utilisés.

Comment neutraliser la voile ?

Neutraliser son parapente après l'ouverture du secours est une étape essentielle. Cela permet d'améliorer la stabilité du système, d'optimiser le taux de chute et de limiter fortement les risques d'effet miroir, un phénomène qui se met presque systématiquement en place lorsque l'ouverture du secours intervient avec suffisamment de hauteur (plus de 100 mètres). Plusieurs méthodes existent pour neutraliser l'aile : 

Neutralisation aux commandes de frein

La méthode la plus simple et la plus accessible consiste à utiliser les commandes de frein. Une fois les deux commandes récupérées, il faut généralement réaliser 5 à 6 tours de frein pour provoquer le décrochage de l'aile. Celle-ci vient alors se positionner à côté du secours et cesse de voler. Cette manœuvre demande généralement entre 4 et 8 secondes. Pendant cette phase, l'aile reste instable, il est donc important d'effectuer les tours de frein le plus rapidement possible. La symétrie du geste est essentielle. Un freinage asymétrique peut entraîner des rotations de l'aile et compliquer la situation. Cette méthode fonctionne aussi bien sur les ailes solo que sur les biplaces. Son principal avantage est qu'elle reste réalisable par la plupart des pilotes, même avec peu d'entraînement. Sa limite apparaît en présence de twists importants : à partir de deux tours de twist au niveau des élévateurs, les commandes peuvent devenir inaccessibles ou bloquées, rendant la manœuvre impossible.

Neutralisation aux élévateurs B

Certains pilotes choisissent de neutraliser leur voile en tirant les élévateurs B. Cette méthode permet généralement d'obtenir la neutralisation en seulement 2 à 3 secondes. Elle est donc plus rapide que l'utilisation des commandes. Cependant, dans une situation d'urgence, il n'est pas toujours évident pour un pilote peu entraîné d'identifier rapidement les élévateurs B. L'effort nécessaire est également important, ce qui rend difficile un tirage parfaitement symétrique. Un manque de symétrie peut provoquer des rotations de l'aile et favoriser l'apparition de twists, rendant alors la voile encore plus difficile à gérer. La méthode devient impossible dès l'apparition d'un tour de twist au niveau des élévateurs.

Neutralisation aux élévateurs C

La neutralisation aux élévateurs C présente plusieurs similitudes avec la méthode aux B. Les élévateurs C sont généralement plus faciles à identifier grâce à la présence des poulies de frein qui servent de repère visuel. La neutralisation s'effectue également en 2 à 3 secondes. L'effort à fournir est moins important qu'avec les B, mais nécessite davantage d'amplitude dans le mouvement. Comme pour les autres techniques, la symétrie est primordiale afin d'éviter les rotations de l'aile. Cette méthode devient elle aussi impossible à réaliser dès qu'un tour de twist est présent au niveau des élévateurs.

Quelle méthode privilégier ?

Il n'existe pas de méthode universelle ou idéale. Les techniques utilisant les élévateurs B ou C permettent généralement une neutralisation plus rapide, mais elles demandent davantage d'entraînement, une bonne connaissance de son matériel et deviennent rapidement impossibles en présence de twists.

La méthode aux commandes reste aujourd'hui la plus accessible pour la majorité des pilotes. C'est également celle qui fonctionne dans le plus grand nombre de situations, à condition de porter une attention particulière à la symétrie du freinage.

Les essais réalisés montrent également qu'il est préférable de neutraliser sa voile plutôt que de la larguer. Les mesures effectuées indiquent qu'une descente sous secours avec une aile larguée présente un taux de chute environ 20 % plus élevé qu'une descente avec une voile correctement neutralisée.

Neutraliser son parapente n'améliore donc pas seulement le confort et la stabilité : cela contribue directement à réduire la vitesse d'impact et à limiter les risques lors de l'atterrissage sous secours.

Pods et conteneurs : les vérifications indispensables

Lors des vérifications réalisées en début de stages SIV, les moniteurs constatent régulièrement des erreurs de montage ainsi que des incompatibilités entre le volume ou la forme du POD et les dimensions des conteneurs intégrés aux sellettes et cocons.

On observe également de plus en plus de configurations où le POD d'origine du parachute doit être remplacé par le POD et la poignée fournis avec la sellette afin d'assurer une compatibilité optimale.


Il est fortement recommandé de vérifier l'extraction de son secours sous portique en remplissant la poche de rangement dorsale exactement comme lors d'un vol. Une poche très chargée peut en effet gêner ou ralentir l'extraction du parachute.


Le parachute doit être correctement compacté dans son POD afin de faciliter sa sortie. Les PODS qui ne sont pas suffisamment sous tension s'extraient parfois plus difficilement, car ils ont tendance à se déformer lorsque l'on tire sur la poignée.


Une attention particulière doit également être portée aux POD de faible volume. Lorsqu'ils sont installés dans un conteneur trop grand, ils peuvent se déplacer, pivoter sur eux-mêmes et ne plus exercer suffisamment de tension sur l'aiguille de fermeture. Celle-ci risque alors de se libérer prématurément.


En résumé, avant chaque saison, il est conseillé de contrôler :

  • l'extraction du secours sous portique
  • le remplissage de la poche dorsale dans une configuration réelle de vol
  • le bon compactage du parachute dans son POD
  • l'état du POD et sa compatibilité avec le conteneur
  • la liaison entre la poignée et le POD
  • l'état des loops de fermeture du conteneur. 

Ces vérifications simples permettent d'éviter une grande partie des problèmes observés lors des stages SIV et garantissent un fonctionnement optimal du système de secours en situation réelle.

Vitesse d’ouverture selon la fréquence de pliage

Nous avons mesuré les différences de vitesse d’ouverture entre un secours plié usine plus de 3 mois avant le test et un secours plié très récemment. Avec le pliage récent, on gagne en moyenne 1.64 seconde lors de l’ouverture. Un pliage récent améliore donc énormément la vitesse d’ouverture. 


Il est de coutume de préconiser un repliage tous les 6 mois, mais on a vérifié qu’au-delà de 3 mois de stockage, le temps d’ouverture se dégrade beaucoup pour ensuite se stabiliser dans le temps. La consigne habituelle de plier son secours tous les 6 mois pourrait donc être revue. Quoi qu’il en soit, avant d’installer votre parachute neuf dans votre sellette, repliez- le ! Nous avons également noté que les tissus très glissants et “secs” au toucher sont moins impactés par la fréquence des pliages. 

Les moniteurs de SIV témoignent

David Eyraud

" On entend souvent que les secours carrés sont moins soumis à l’effet miroir. En réalité je constate que tous les secours peuvent se mettre en miroir.

Neutraliser la voile avec des tours de freins fonctionne bien mais peut s’avérer assez long. S’il faut faire très vite, les élévateurs arrières peuvent s’avérer efficaces mais il faut attraper les suspentes au-dessus des élévateurs pour gagner en débattement et ne pas hésiter à ravaler. Le plus important est d’affaler symétriquement.

Si le constructeur préconise un pliage avec retardateur, c’est pour éviter que le secours casse lors du test d’homologation. Il faudrait rajouter un test de rapidité d’ouverture par très faible vitesse pour éviter ce genre de pliage. J’ai vu des gros retards à l’ouverture de certains pliages. Une des qualités demandées à un secours de parapente est de s’ouvrir vite, même à faible vitesse. Les constructeurs devraient travailler la solidité sans retardateur."

Christophe Waller

"Avec le montage du secours en ventral aux maillons principaux de la sellette, je préconise de saisir les arrières immédiatement après le lancé du parachute et de les maintenir fermement. C’est plus rapide qu’avec les freins, mais il faut bien maintenir les arrières tirés... ce qui demande de la détermination. Le redéploiement du parapente sera immédiat en cas de relâchement des arrières."

Hervé Gabet

• La neutralisation de la voile se travaille facilement au sol, dans le vent, bord d’attaque tourné vers le sol. Cela permet au pilote de prendre conscience de la gestuelle et du nombre de tours qu’il aura à faire. Le pilote sera sûrement surpris la première fois. C’est à faire d’abord en milieu sécurisé. Après, ça ira.

• Les secours vieillissent bien. On se moque de la porosité et les suspentes sont très solides (leur résistance ne se dégrade pratiquement pas, contrairement à nos suspentes de parapente). En revanche, il faut insister sur l’aération et pliage régulier avec changement systématique des élastiques.

• J’ai remarqué que, concernant la stabilité des parachutes hémisphériques, plus le cône de suspentes du secours est long, plus le secours est stable.

Marc Boyer

" La plupart des parachutes ont un peu de finesse : parfois plus de 1 point de finesse qui génère de la dérive elle même dégradée par la traînée de l’aile.

• Les pilotes arrivent assez souvent au sol (ou sur l’eau) en dérive arrière.

• La bonne longueur des élévateurs de secours solo est de 120 cm. Je déconseille d’utiliser des élévateurs plus courts pour une question de stabilité pendulaire, ni plus longs pour une question de vitesse d’ouverture et de placement du secours sous la voile.

• Avec les mini voiles, il n’est pas possible d’avoir un placement du parachute sous la voile. En cas d’instabilité et de dévente, il faut neutraliser son aile. Neutraliser et affaler une mini voile est un peu plus abordable et moins exigeant qu’une aile classique.

• Il serait judicieux d’indiquer la date du dernier pliage lors de l’installation d’un secours dans un container. Idéalement le plus efficace serait de replier son parachute tous les 3 mois. Il est conseillé de replier un parachute neuf avant son installation dans un container, surtout si ce parachute est resté longtemps stocké.

• Un système simple tel qu’une suspente reliée à une poignée et à la drisse de l’apex (secours hémisphérique) ou à une drisse centrale (secours carré) permettrait de neutraliser le secours lors d’arrivée au sol par vent fort.

• Avec les systèmes d’accrochage sans cuissardes de plus en plus utilisés, si l’on doit faire secours, la sellette ou le cocon remonteront plus haut dans le dos du pilote, l’empêchant de voir sa voile lors de la neutralisation. Il y a aussi un risque d’étranglement avec la sangle pectorale (les fabricants devraient concevoir des sangles pectorales élastiques). Si votre sellette possède des cuissardes, serrez les suffisamment pour éviter ces problèmes !

 

Pour info, en stages SIV le temps moyen de réaction et d’extraction d’un secours commandé par le moniteur est de 3,5 secondes (entre la consigne “secours” et le lâché de la poignée). En considérant qu’il s’écoule encore 4 secondes entre le lâché de la poignée et l’ouverture, cela donne un total de presque 8 secondes entre la consigne du moniteur et l’ouverture du secours. Pour info, un pilote qui chute à 10 m/s consomme 80 mètres, à 15 m/s, il consomme 120 mètres. "

Jérôme Canaud

"Vérifier les longueurs des deux cônes (parapente et parachute) est compliqué. Surtout si l’on passe d’une voile montagne ou mini voile (suspentage court) à sa voile de site à suspentage long."

Conclusion : ce qu'il faut savoir sur les secours

Cette étude n’est jamais totalement figée. Le matériel évolue, tout comme les pratiques et les retours d’expérience issus des stages SIV, qui constituent une base essentielle pour comprendre le comportement réel des parachutes de secours.

Ce qu’il faut retenir avant tout, c’est l’objectif fondamental d’un secours : un parachute de secours doit s’ouvrir vite, descendre lentement et permettre un posé le plus doux possible.

Mais au-delà des performances techniques, la difficulté principale ne réside pas dans le matériel, mais dans la prise de décision de l’utiliser au bon moment. Les ouvertures en conditions encadrées, comme en stage SIV ou sur l’eau, restent essentielles pour comprendre les sensations et les bons gestes. Elles permettent de réduire fortement le facteur de surprise et d’améliorer la réactivité en situation réelle.

Beaucoup de pilotes accordent encore peu d’attention au choix de leur parachute de secours et ne connaissent parfois pas précisément leur matériel. Pourtant, il est indispensable de choisir son secours en fonction de sa pratique, de son PTV et des performances recherchées.

Une bonne connaissance de son équipement permet d’en optimiser l’efficacité en situation réelle.

Enfin, un rappel simple mais essentiel : la « poignée témoin » doit être réalisée à chaque vol. Ce geste crée un automatisme indispensable pour localiser rapidement sa poignée et exécuter l’extraction sans hésitation.


À noter : les mesures d’homologation sont normalisées à une masse d’air standard (niveau de la mer, 1013,25 hPa, 15°C, 0 % d’humidité). L’altitude et la température influencent donc directement la densité de l’air et les performances réelles du parachute.

Le secours reste un système simple dans son principe, mais très dépendant de la préparation du pilote. Connaissance, entraînement et réflexes restent les véritables clés de son efficacité.

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Commentaires (1)
    • Etienne
    • 2023-04-14 18:38:22
    Bonjour, et merci beaucoup pour cette synthèse et mise à jour très utiles ! Il y a deux points qui pourraient être mieux explicités dans ce texte pour être complet, en quelques mots : - comment lancer le secours ? A ma connaissance ça se fait en trois temps : extraction puis retour de la main contre la sellette pour avoir un débattement maximum au lancer, puis lancer. Est-ce bien ça ? - ce que signifie concrètement "neutraliser le parapente" du point de vue de la forme et la position de l'aile. On devine que les tours pris sur les commandes ou les élévateurs verticalisent ou cassent le profil, mais faut-il se préoccuper aussi de sa position par rapport au secours ? Merci !
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